Financer une compagnie

Quand on n’a pas la cote… Vous n’avez pas obtenu une bonne cote lors de votre dernière évaluation

Vous et votre entreprise l’êtes de façon courante: par vos fournisseurs qui enregistrent vos transactions, par des agences de crédit qui compilent vos habitudes de paiement, par les prêteurs qui évaluent votre risque, etc. Quel est l’impact sur votre capacité d’emprunt ?

Il n’y a pas que le papier commercial ou les « sub-prime mortgages » qui sont cotés. Vous et votre entreprise l’êtes de façon courante: par vos fournisseurs qui enregistrent vos transactions, par des agences de crédit qui compilent vos habitudes de paiement, par les prêteurs qui évaluent votre risque, etc. Quel est l’impact sur votre capacité d’emprunt ?

Un peu d’histoire

L’utilisation de systèmes-experts (« credit scoring ») pour évaluer le risque d’un emprunteur ne date pas d’hier. Depuis les années 70, des logiciels sont utilisés pour le crédit au consommateur. Les années 90 et 2000 ont vu l’implantation de telles pratiques dans le financement aux entreprises.

En parallèle, les agences de notation (« rating agencies ») procèdent depuis des décennies à l’évaluation du risque financier des gouvernements et des grandes corporations en utilisant des techniques similaires.

Les derniers venus sont les modèles prédictifs. La complexité des marchés et des produits a amené depuis une dizaine d’années le développement de systèmes mathématiques complexes dont l’objectif est de prévoir l’impact des changements dans l’environnement financier.

Qu’est-ce que le « credit scoring » ?

En gros c’est un ensemble d’outils financiers d’aide à la décision, utilisés pour évaluer automatiquement la solvabilité d’un individu ou d’une entreprise ainsi que la probabilité de remboursement des prêts. Dans les banques cette fonction était autrefois dévolue au « gérant » ou au directeur de comptes. Dans des marchés de plus en plus globaux où une grande quantité d’information est disponible, il est devenu difficile de maîtriser le risque et les prêteurs ont migré vers des logiciels qui permettent non seulement de coter le risque d’un emprunteur mais aussi de l’ensemble d’un portefeuille afin d’obtenir une vue globale du risque de leurs prêts en temps réel. Cette démarche a été accentuée par le cadre de gouvernance imposé par les autorités réglementaires.

Dans des financements de moindre importance les prêts sont généralement garantis personnellement et les décisions sont basées sur les cotes personnelles.

Pour les montants plus élevés, les modèles utilisent d’abord les données financières de l’entreprise. Ceci génère une cote, laquelle cote est bonifiée ou pénalisée par des éléments génériques (perspectives économiques, industrie) ou empiriques (garanties, qualité des gestionnaires). À la dernière étape s’ajoute parfois la touche émotionnelle d’un gestionnaire de risque… comme le souvenir de la dernière transaction qui s’est mal terminée.

De façon schématique, le processus se résume ainsi :

Note : Le tableau ci-dessus présente un exemple simple d’établissement d’une cote de crédit. Les échelles de valeurs peuvent varier d’un prêteur à l’autre ainsi que le poids attribué aux éléments évalués.

La plupart des institutions financières ont développé leur propre modèle de cotation et bien que les méthodes de calcul ou l’interprétation des cotes puissent différer d’un prêteur à l’autre, l’approche demeure sensiblement la même. La cote de votre entreprise découle des informations recueillies de diverses sources, certaines sur lesquelles vous avez un impact et d’autres pas.

Comment cela vous impacte-t-il ?

Au niveau de votre entreprise: si les ratios financiers de votre entreprise fléchissent, si l’augmentation de vos ventes est moindre que celle de vos compétiteurs, si votre industrie est influencée négativement par le prix du pétrole ou la baisse du dollar américain, le système calculera une baisse de cote avec comme conséquences moins de crédit disponible, une tarification plus élevée et/ou plus de garanties.

Au niveau du marché: lorsque les modèles prédictifs des grandes institutions financières ratent le test de la réalité comme ce fut le cas dans le passé, cela engendra des crises de crédit avec les mêmes conséquences: moins de crédit disponible et une tarification plus élevée.

Que faire ?

Bien que les crises de crédit semblent démontrer certaines limites aux systèmes d’évaluation des risques, ils sont là pour demeurer et même si les discussions entourant vos financements continueront de se faire avec votre banquier, la décision relèvera en tout ou en partie d’un logiciel.

Alors quelques conseils de base :

Ne sous-estimer pas l’importance des ratios financiers de votre entreprise; ceux-ci demeurent le fondement des systèmes-experts;

Diversifier vos sources de financement; chaque institution prêteuse a développé son propre système d’évaluation. Ce qui est mal coté chez l’une, peut l’être moins ailleurs;

Il existe toujours un mécanisme de révision par un humain : maintenez un climat de confiance et de respect avec votre prêteur, cela pourra vous servir un jour;

Faites attention à l’historique de paiement de votre entreprise : de mauvaises habitudes de paiement peuvent influencer négativement votre cote; et

Consulter un bon conseiller financier autant lorsque les choses vont bien que lorsqu’elles deviennent plus difficiles.

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